Child Propaganda, 914-1918, Arzweiler, Lothringen, Europeana 1914-1918 / Jürgen Wärzner, CC BY-SA

Introduction

La Première guerre mondiale donna lieu à certaines des propagandes les plus imaginatives et les plus sournoises jamais vues, allumant des passions qui n’eurent pour seul effet que de prolonger les hostilités. Parmi les outils les plus puissants : films, photographies, enregistrements sonores et affiches à grande échelle exhortant les hommes à s’enrôler. Mais certaines des tactiques employées pour attiser le patriotisme parmi les citoyens ordinaires étaient bien plus subtiles. Comme ces histoires l’illustrent, la tactique de propagande la plus efficace était parfois simplement de convaincre les gens de l’importance de l’autosacrifice.

Dans les usines de munitions

Alwine Auch avait tout juste 17 ans quand elle fut recrutée pour faire des bombes à l’usine « Fortuna » de Bad Cannstatt, à Stuttgart.

Comme bien des femmes en Europe, elle était employée pour participer à l’effort de guerre sur le front intérieur, ce qui, en Allemagne, n’allait pas de pair avec les politiques censées soutenir les familles.

Alwine est représentée (dernière rangée, troisième à partir de la droite) sur cette carte postale des ouvriers de l’usine en 1917, photographie qui a été transmise par son fils Gustav Käfer, lors de la journée de participation publique à Stuttgart en 2011.

La légende d’origine précise que les munitions ont été faites avec « cœur et mains pour la patrie ». Un examen de la photo suggère que les articles fabriqués étaient des bombes pour le mortier léger 7,6 cm (Leichte Minenwerfer), une arme utilisée par la plupart des bataillons d’infanterie dans les derniers temps de la guerre.

Postcard Alwina Käfer-Auch at Fortuna Factory - front, 1917, Bad Cannstatt, Stuttgart, Europeana 1914 -1918 / Gustav Käfer, CC BY-SA
Postcard Alwina Käfer-Auch at Fortuna Factory - front, 1917, Bad Cannstatt, Stuttgart, Europeana 1914 -1918 / Gustav Käfer, CC BY-SA
Postcard Alwina Käfer-Auch at Fortuna Factory - back, 1917, Bad Cannstatt, Stuttgart, Europeana 1914 -1918 / Gustav Käfer, CC BY-SA
Postcard Alwina Käfer-Auch at Fortuna Factory - back, 1917, Bad Cannstatt, Stuttgart, Europeana 1914 -1918 / Gustav Käfer, CC BY-SA

'De l’or contre du fer'

La propriétaire de ce simple anneau métallique doit sans doute avoir porté une version en or étincelant, qui lui a probablement été remise par son mari amoureux, le jour de leur mariage.

Mais, dans la mesure où l’Allemagne tentait de couvrir les coûts démentiels de la Première guerre mondiale, les citoyens patriotes étaient vivement pressés de troquer leurs décorations en or et leurs bijoux contre l’équivalent en métal pour y contribuer.

Cette bague avec l’inscription « Gold gab ich für Eisen, 1914 » (J’ai donné de l’or contre du fer) est un exemple du programme d’appel de fonds officiellement parrainé pour contribuer à l’effort de guerre allemand. D’autres appels ont également été faits dans diverses parties de l’empire austro-hongrois.

Fait intéressant, cela ravivait une idée qui avait été utilisée durant les guerres de libération lorsque, longtemps auparavant, en 1813, la famille royale prussienne avait fait appel aux compatriotes féminines pour que celles-ci fassent des dons similaires.

Les bijoux de métal, qui jusqu’à présent avaient principalement été utilisés à titre de symbole de deuil, voyaient soudain leur blason redoré !

Engraved ring "Gold gab ich für Eisen" (I gave gold for Iron), 1914, Europeana 1914 -1918 / Brigitte Bieche, CC BY-SA
Engraved ring "Gold gab ich für Eisen" (I gave gold for Iron), 1914, Europeana 1914 -1918 / Brigitte Bieche, CC BY-SA
Engraved ring '"Gold gab ich für Eisen" (I gave gold for Iron), 1914, Europeana 1914 -1918 / Brigitte Bieche, CC BY-SA
Engraved ring '"Gold gab ich für Eisen" (I gave gold for Iron), 1914, Europeana 1914 -1918 / Brigitte Bieche, CC BY-SA