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Collections de Livres Royaux

Bibliotheca Carolina

Introduction

Les bibliothèques européennes conservent aujourd’hui des manuscrits de l’époque carolingienne, du VIIIe au Xe siècle, qui ont été produits dans les nombreux centres intellectuels et religieux de l’empire carolingien : Saint-Amand, Corbie, Fulda ou encore Freising comptaient ainsi parmi les plus rayonnants de l’empire. On copiait dans ces monastères des ouvrages religieux mais aussi des textes des auteurs de l’Antiquité classique. Les empereurs ont su également réunir autour d’eux de brillants artistes, copistes, relieurs ou enlumineurs qui ont produit de magnifiques manuscrits à l’Ecole du Palais.

Psautier de Charles le Chauve

Conservé dans sa forme originale, ce manuscrit unit parfaitement les différents arts déployés autour du manuscrit carolingien : l’élégance de l’écriture, le luxe des enluminures, l’ensemble étant contenu dans une reliure d’une extrême finesse.

Liuthard, un artiste majeur de l’Ecole du palais de Charles le Chauve dans les années 870, est le principal artisan de ce trésor. Il a surtout travaillé à la copie du texte, écrit en encre d’or, utilisant l’écriture onciale pour les psaumes et la minuscule caroline pour les textes liturgiques. Les incipits inscrits sur des bandes pourprées, comme des initiales peintes soulignent magnifiquement les divisions liturgiques du psautier.
Ce manuscrit est couvert d’une luxueuse reliure travaillée. Ces bordures d'argent doré rehaussées de nœuds ou de filigranes métalliques, de pierres et de perles, constituent l'un des plus importants témoignages sur l'art de l'orfèvrerie à l'époque carolingienne. Elles encadrent des plaques d'ivoire sculpté qui illustrent des passages de l'Ancien Testament.

Au feuillet 3v, l’empereur Charles le Chauve est représenté sur un trône tenant dans sa main les symboles du pouvoir (sceptre et globe). Au feuillet 4, on découvre un portrait de saint Jérôme, le traducteur des Psaumes.

Charles le Chauve a fait don de ce psautier à la cathédrale de Metz (en Lorraine, France) qui l’a conservé jusqu’au XVIIe siècle. En 1674, il fut acquis par Jean-Baptiste Colbert. Il entra dans les collections de la bibliothèque royale en 1732.

Evangiles

Ce manuscrit des Evangiles a été écrit et enluminé dans le scriptorium de Saint-Gall au temps de l’apogée artistique du monastère.
Le style de l’enluminure permet de rattacher ce manuscrit au groupe de Sintram, du nom d’un célèbre copiste de Saint-Gall. Ce groupe d’artistes bénéficie de la lointaine influence de l’Ecole du palais de Charles le Chauve, elle-même inspirée des modèles antiques.
Après huit pages de tables des canons (feuillets 1v-5r), le manuscrit s’ouvre sur une page d’incipit somptueuse aux initiales et lettres capitales peintes avec finesse, rehaussées d’or et d’argent, pour introduire l’évangile de Matthieu. Des pages semblablement ornées marquent le commencement de chacun des trois autres évangiles. Deux portraits des évangélistes Matthieu et Jean ont été conservés. Ces deux superbes enluminures en pleine page, par la puissance et la richesse des couleurs à dominante jaune et verte, illustrent magnifiquement la réputation de l’école artistique de Saint-Gall.

Capitulare de Villis

Cet ouvrage, daté de 825-850, est une pièce rarissime parmi les manuscrits du haut Moyen Âge. Ecrit par plusieurs mains, il est aujourd’hui l’unique témoin non seulement des lettres du pape Léon III à l’empereur Charlemagne, mais encore du célèbre capitulaire « De villis », probablement émis par Charlemagne. Un autre texte incomplet est contenu dans cet ouvrage : un « Brevium exempla » rassemblant divers exemples et modèles de textes concernant les droits féodaux des seigneurs sur leurs terres.
L’origine de ce manuscrit à la forme rectangulaire si peu commune ne nous est pas connue, il n’est cependant pas impossible qu’il ait été produit dans le célèbre monastère de Fulda ou dans la région rhénane.