Disques 78 tours édités par La Boîte à Musique et le Musée de l’Homme, CNRS-CREM, CNRS-CREM, CC BY-NC-ND

Editions phonographiques

Les enregistrements sonores réalisés pendant la Mission ont fait l’objet de plusieurs éditions phonographiques. Dans un premier temps, une petite sélection a été publiée en 1947 dans un coffret de trois disques 78 tours par la maison de disques parisiennes La Boîte à Musique.

Un coffret similaire est sorti la même année chez Pathé et en 1948, un corpus beaucoup plus important de 95 enregistrements a été publié sous la forme d’un coffret de 34 disques 78 tours par les éditions phonographiques du Musée de l’Homme.

De nombreux exemplaires de ce coffret ont été envoyés à d’autres musées, bibliothèques et archives dans le cadre de la coopération internationale du Musée de l’Homme. Par la suite, ces enregistrements ont été réédités en 78 tours puis en 33 tours par Folkways (Music of Equatorial Africa, 1950, réédité en 1954), par la Boîte à Musique (Musique Bantou d'Afrique Equatoriale Française, 1958) et par les éditions du Musée de l’Homme (Musique bochiman et musique pygmée, 1957, Musique Pygmée La Haute Sangha, 1959).

Documentaires et film

Au delà de ces enregistrements sonores, trois films ont été réalisés au cours de la mission par Jacques Dupont, assisté pour l’occasion par Edmond Séchan et Pierre-Dominique Gaisseau : « Au pays des Pygmées », « Pirogues sur l’Ogooué » et « Danses congolaises ».

« Aux pays des Pygmées » a notamment été récompensé lors du premier congrès international du film ethnographique en 1947. Gaisseau et Séchan poursuivront d’ailleurs après la Mission une carrière de réalisateur de documentaires et de courts-métrages, qui vaudra notamment à chacun d’eux un Oscar, le premier pour « Le Ciel et la Boue », en 1962, le second pour « Histoire d’un poisson rouge », en 1960.

La Mission Ogooué-Congo a également inspiré le scénario d’un film du réalisateur français Jacques Becker. Sa comédie « Rendez-vous de juillet », sortie en 1949, raconte l’histoire d’une bande d’amis dans le Paris de l’immédiat après-guerre qui rêvent de devenir explorateurs et décident d’organiser une expédition en Afrique. On y voit notamment des plans tournés au Musée de l’Homme et au Caveau des Lorientais, un club de jazz du Quartier Latin bien connu à l’époque. Ce film mettant notamment en scène l’acteur Daniel Gélin dans le rôle de Noël Ballif ainsi que les musiciens de jazz Rex Stewart et Claude Luter dans leurs propres rôles a d’ailleurs été présenté en 2016 au Festival de Cannes dans une version restaurée.

Recherches académiques

Gilbert Rouget a consacré plusieurs travaux aux enregistrements sonores réalisés avec André Didier au cours de la Mission Ogooué-Congo, expérience qui restera déterminante pour la suite de sa carrière.

En 1965, il remplacera Schaeffner à la tête du Département d’ethnologie musicale du Musée de l’Homme. “La découverte de ce yodel et de ces polyphonies pygmées a été pour moi une révélation musicale prodigieuse”, confiera-t-il au cours d'un long entretien avec l’ethnologue François Borel publié dans les Cahiers d’Ethnomusicologie en 1988. Noël Ballif a quant à lui raconté son histoire de la Mission Ogooué-Congo dans son livre « Les Danseurs de Dieu » publié en 1954. En 1981, il a soutenu une thèse de doctorat sur les Pygmées à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, « Analyse critique et synthèse des connaissances sur les Pygmées africains », suivie en 1992 par un autre ouvrage sur le même thème, « Les Pygmées de la grande forêt ». La Mission Ogooué-Congo a également fait l’objet d’un article publié en 2012 par l’historien Brice Gérard dans la revue du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac Gradhiva.