Title

FRBMTO-051 Albert Curvale

André Curvale's stange story

Description

    • 1 portrait photographique d'Albert Curvale, 3 lettres de 1916 avant sa maladie. 3 cartes de correspondance des Armées des 28, 29, 30 mars 1917 écrites par le médecin André Vigé à son père. 2 cartes de correspondance des Armées écrites par les médecins Rousselot et Vigé en avril 1917 pendant son rétablissement. 1 lettre manuscrite écrite le 6 juin 1917 par Albert Curvale lui-même alors convalescent.
    • Voici l'histoire de mon père Albert Curvale, né à Toulouse en 1897, engagé à 18 ans dans la cavalerie. Lorsque j'ai rencontré mon père, c'était en août 1944, lorsqu'il descendit sur Toulouse pour libérer la région avec les maquis et notamment le sien, celui de Cazères. Pourquoi commencer ainsi l'histoire de la Guerre 1914-1918 ? Parce qu'il fit partie de cette génération touchée par les deux guerres : l'une (14-18) par la mobilisation, l'autre (39-45) par l'engagement contre le nazisme. Cette guerre de 14-18, il la commença en avril 1916. Pour lui elle s'achèvera en octobre 1917 après une longue maladie (méningite cérébro-spinale foudroyante). Voici quelques éléments de cet épisode qu'il nous a raconté. Ne se sentant pas bien, il va à l'infirmerie, l'infirmier le traite de simulateur et lui donne un cachet d'aspirine. Mon père repart et après ne se rappelle plus rien. C'est un de ses camarades qui va le retrouver évanoui, dans l'écurie, au pied des chevaux. Hospitalisé à Sézanne (Marne), il y est déclaré mort. On le couvre du drap mortuaire et ses parents vont recevoir le télégramme tant redouté ! Par chance, un neurologue passe par là. On lui signale ce cas. Il soulève le drap, se penche sur mon père et s'écrie "Mais il respire encore, il faut le sauver". Effectivement on le sauva, notamment une religieuse nommée Madeleine, dont il gardait un souvenir extraordinaire. Elle l'a soigné tout au long de ces mois de souffrance. Les antibiotiques, bien sûr, n'existaient pas et il avait le corps mis à nu par les escarres. "Si je devais revivre ces souffrances, je me donnerai la mort". Mais il avait 20 ans et la vie a repris le dessus. Il rentre le 26 octobre 1917 à Toulouse. A la fin de la guerre, il essaie l'agriculture après une formation à Ondes. Finalement il sera architecte comme son père. Mon père n'aura pas la mentalité, l'esprit corporatiste des anciens combattants. Aucune nostalgie de ce carnage. Cette guerre va ouvrir son esprit vers un humanisme social. Dès 1919-1920, il va s'engager dans le courant SFIO, ainsi qu'à la CGT (section bâtiment). Le mot d'ordre de l'époque était "Plus jamais ça". Il était influencé par le personnage de Jean Jaurès dont il parlait beaucoup avec admiration. Il pensait à l'Internationale ouvrière. Les notions de territoire, voire de patrie, n'étaient pas ses premières valeurs. Pour la Seconde guerre mondiale, sa position sera la même. C'était le nazisme qu'il fallait combattre et non le peuple allemand. Bien sûr, les deux se sont confondus parfois. Albert Curvale est mort à Toulouse en 1984. Le courrier que nous avons conservé est important : 40 lettres environ. Il est adressé à son père Eugène Curvale car sa mère était décédée. Les termes affectueux sont assez surprenants pour l'époque plutôt pudique. Un leitmotiv revient dans toute sa correspondance : il veut rassurer son père, tant sur le plan physique que moral. Beaucoup de dignité se dégage de ces textes.

Properties

Time

  • Date:

    • 1917-10-26
    • 1916-04
  • Temporal:

    • 2013-11-16 16:01:57 UTC
  • Place/Time:

    • Western Front

Provenance

Copyright

  • Rights:

    • http://creativecommons.org/publicdomain/zero/1.0/

References and relations

Location

  • Location:

    • Sézanne (Marne)
  • Place/Time:

    • Western Front

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