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Title

Le gant de laine grise

The grey woolen glove

Description

    • lettre d'une correspondante de l'hôpital de Gourdon à la mère d'Albert. livret militaire photo de mariage
    • Albert LAGUIONIE est né le 10/03/1890 à Anlhiac en Dordogne. Il est le fils aîné de François LAGUIONIE et de Marie LABARRE petits cultivateurs du Périgord vert dans le Sud-Ouest de la France. C’est mon grand-père. Lorsque j’étais enfant, je me demandais bien pourquoi il portait toujours un gant à sa main gauche, même en été. Que cachait cette moufle grossière faite de laine grise, emmitouflant sa main comme une chaussette enserre un pied. Et pourquoi sur sa photo de mariage sa main gauche est-elle cachée derrière la mariée. Je ne l’ai su que plus tard et compris que bien après… Albert est scolarisé de l’âge de cinq ans à neuf ans, mais seulement les mois d’hiver car le reste du temps il aide ses parents à la ferme. En 1904, il a alors quatorze ans et commence à travailler comme domestique successivement dans trois fermes. A dix-sept ans, en 1907, il devient métayer. Dès ses vingt et un ans, il est appelé pour effectuer son service militaire en octobre 1911 sous le n°249 du registre matricule de recrutement du canton de Lanouaille en Dordogne. Albert est incorporé dans un régiment de zouave sous le matricule 08456. Son instruction militaire débute en Algérie le 15 octobre 1911. Dès le 12 février 1912 et jusqu’au 6 octobre 1913 il participe aux opérations militaires aux confins du Nord Maroc qui déboucheront sur la création du Protectorat français de cette région. Le 20 avril 1913 il participe au combat de Sangal au Maroc. Albert est libéré avec le grade de soldat de 2ème classe le 15 octobre 1913, après deux ans et quatre jours de service militaire. Il entre donc dans la réserve de l’armée active. Il va alors travailler dans la métairie avec ses parents jusqu’en août 1914. Le 1er août 1914, le gouvernement français donne l’ordre de mobilisation générale contre l’Allemagne. Albert part le 2 août 1914 pour la garnison de Sathonay où est stationné le 2ème Régiment de Marche de Zouaves (RMZ). Il est affecté à la 17 Cie du 5ème Bataillon du 2ème Régiment de zouaves. Après avoir rejoint vers le 22 août les lignes du front en Belgique, son régiment se replie dans les Ardennes le 23 août, puis dans l’Aisne où il passe à Laon le 24. Le régiment arrive dans les environs de Paris le 5 septembre. Après trois ou quatre jours de mise en réserve, la 17ème compagnie du 2ème de zouaves rejoint Montmirail dans la Marne. Puis c’est à nouveau un repli, cette fois en train sur Paris. La compagnie est renvoyée sur le front, dans l’Oise. D’abord à Compiègne puis ensuite sur Carlepont et Laigle. Il s’agit de repousser les allemands au Nord du Bois-St-Mard. La guerre des tranchées a commencé. Là, le 23 décembre 1914, Albert reçoit une balle perdue qui heureusement ne perce que sa lourde veste. Le régiment va à nouveau se replier dans le secteur de Tracy-le-Mont. C’est au matin, lors de la prise de garde du créneau de la tranchée dans le Bois St-Mard, et après un échange de tirs, qu’Albert est touché au bras gauche. Son témoignage indique qu’il a été atteint par une balle, mais son livret militaire précise que ses plaies multiples sont dues à des éclats d’obus. Les symptômes apparents sont une ankylose des doigts de la main gauche De poste de secours en poste de secours, il arrive finalement à Compiègne. Il va être ensuite évacué par train d’abord sur Paris, puis sur Limoges pour enfin arriver le 25 décembre, après deux jours et une nuit de trajet à l’Hôpital de Gourdon dans le Lot. Dès son arrivée, il est pris en charge par l’hôpital, on diagnostique une section du médian, une lésion du cubital gauche et une ankylose des doigts. Dans la nuit, il fait une sévère hémorragie, perd connaissance. Au matin, il a perdu énormément de sang et son cas est jugé désespéré par les médecins, il ne sera pas amputé. Une ligature de l’artère humérale est effectuée. Il vivra… Il sera ensuite transféré à l’Hôpital de Toulouse. Là, le 7/07/1915 les médecins suturent le nerf médian gauche et libèrent le nerf cubital. La lente convalescence commence… Du 30 octobre 1915 au 13 mai 1916 il est hospitalisé à Montauban dans le service de physiothérapie. Il est enfin transféré près de chez lui à l’Hôpital de Périgueux, dans le service des convalescents le 15/05/1916. Il est réformé le 27 mai 1916, un an et demi après sa blessure. Rentré au pays, Albert va travailler à la ferme comme il va pouvoir, avec ses parents. Il se marie le 31 janvier 1919 avec Marie, Amélie VIGNAUD. En octobre 1921, son statut de mutilé de guerre lui permet d’obtenir un poste de facteur des Postes et Télécommunications. De son mariage naîtront deux garçons Robert en 1921 et Gabriel en 1923. La famille vit chichement grâce au salaire de facteur et aux ressources apportées par la petite ferme familiale. Albert termine sa carrière de facteur en 1959, il est réformé après une opération chirurgicale d’ulcère à l’estomac. Il terminera sa vie dans son Périgord natal entre ses moutons et ses volailles. Albert décède le 4 octobre 1972. 

People

Properties

Time

  • Temporal:

    • 2013-11-12 19:33:03 UTC
  • Place/Time:

    • Western Front

Provenance

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  • Place/Time:

    • Western Front
Entities
  • Subjects, resource types, genres and forms (Concepts)