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Title

A Vermandovillers "J’ai combattu jusqu’à l’extrême limite de mes forces"

At Vermandovillers : "I've fought to the extreme limits of my strengths"

Description

    • Photo de Charles-Omer Jullien (à son retour de captivité en 1919), en tenue de lieutenant d’infanterie du 366ème régiment d’infanterie sur laquelle est accrochée sa croix de guerre avec une étoile d’argent pour citation à l’ordre de la division. L’uniforme comporte 2 chevrons sur le bras gauche, indiquant une présence de 18 mois dans la zone de conflit (1er chevron = 1 an + 1 chevron tous les 6 mois supplémentaires), et des guêtres de cuir (bottes) d’officier. Photo prise à La Mure (Isère).
    • En 1916, mon arrière grand oncle Charles Jullien est lieutenant au 366ème Régiment d'infanterie. Il vient d’effectuer plus de 20 mois dans le secteur de Verdun et se trouve à Vermandovillers dans la somme afin de procéder à une ultime offensive. Le 4 septembre, dès la première heure, les 4ème et 5ème bataillons du 366ème RI se trouvent disposés dans le secteur du Bois Étoilé, conformément au plan d’attaque de la 132ème DI. Les travaux préparatoires (tranchées de départ), menées depuis le 30 août, sont entièrement achevés. Les postes de secours et les dépôts de munitions, vivres, matériels sont installés et leur approvisionnement est au complet. C’est dans cette situation que les bataillons reçoivent la notification de l’heure de l’attaque (14h00). En exécution de cet ordre, les 2 bataillons d’attaque garnissent effectivement leurs parallèles de départ à H-1. A droite, le 5ème bataillon (Nicollau), est en première ligne, massé dans la tranchée Goritzia et ses boyaux d’accès. A gauche, le 4ème bataillon (Delesse) est en première ligne, massé dans la tranchée de départ et ses boyaux d’accès. La 14ème compagnie (4ème bataillon), dont fait partie Charles Jullien, est positionnée au Nord. En arrière, le 6ème bataillon est arrivé la nuit précédente. L’objectif assigné à la 14ème compagnie est l’occupation du secteur de Vermandovillers Nord, entre l’église incluse et l’intersection du boyau au Sud de la route Herleville-Vermandovillers. A 13h55, au coup de sifflet, la première vague des deux bataillons franchissent les gradins et sortent de la tranchée de départ, les grenadiers s’échelonnent immédiatement en arrière et la deuxième vague, bien à sa distance, suit à son tour. Le mouvement s’exécute comme à la parade. Les allemands, surpris par l’attaque, n’ont pas le temps de déclencher un tir de barrage. La fusillade ne tarde pas à devenir très vive, mais ne peut arrêter l’élan des troupes françaises. La première tranchée allemande, récemment creusée, est enlevée en 10min et à 14h15. Tout semble donc se dérouler comme prévue lorsque la situation se trouve brusquement modifiée. En effet, les destructions opérées par l’artillerie ont été insuffisantes et le Saillant 649 est resté une forteresse garnie de mitrailleuses. Prise en enfilade et à revers, les lignes françaises s’immobilisent et profitant de cet arrêt, une vive contre-attaque allemande se déclenche. Le succès de cette contre-attaque est immédiat et les vagues d’assaut écrasées refluent jusqu’à la tranchée de départ. Le Colonel, se rendant parfaitement compte qu’il n’y a rien à espérer de cette offensive, n’hésite pas à faire déclencher le tir de barrage en avant du front de départ qui stoppe le mouvement de recul. A gauche, la deuxième vague du 4ème bataillon est brisée par la contre-attaque allemande. Le Commandant Delesse et ses hommes de la 1ère vague se trouvent alors dans une situation délicate. Isolé et sous le feu de l’artillerie française, cette poignée d’hommes, dont fait partie le lieutenant Jullien, poursuit coûte que coûte sa marche en avant. Elle contourne par le Nord le Saillant 649, s’avance à droite et à gauche de la route de Vermandovillers-Foucaucourt et traverse toute la partie Nord du village pour atteindre son objectif : l’église. A 14h45, le lieutenant Jullien et un petit groupe d’hommes explorent le secteur alors que le commandant Delesse établit sa position dans une maison proche de l’église. Il envoi, à 15h45, un premier télégramme à son état-major (Colonel Ordioni) pour l’informer de sa situation : "Lt Jullien, à 2h45, avait dépassé l’église avec sa 1° vague, moi, je suis prêt de l’église en liaison avec 1 section de mitrailleuses du 166e. Tout va bien. Lieutenant Dupuis grièvement blessé." Malgré leur isolement et un violent tir de barrage français exécuté l’après midi sur la partie Nord du village pour essayer de favoriser l’avancée du 166ème RI, le commandant Delesse et ses hommes parviennent à lancer une offensive sur une position allemande qui permet la libération de prisonniers français et de combler le déficit en munitions de la compagnie. Dans un second télégramme, Delesse informe son état major de l’évolution de la situation : "Nous sommes depuis le 4 septembre 14h45 sur objectif assigné. En ce moment entre l’église et le carrefour, face au sud dans le boyau qui borde la route Herleville - Vermandovillers ; au sud, à notre droite et à notre gauche, il y a encore de l’ennemi ainsi que dans les tranchées de première ligne. Je n’ai plus avec moi que ma liaison, une douzaine d’homme de la 14ème, autant d’homme de la 13ème et des hommes qui étaient prisonniers que nous avons délivrés et armés avec les fusils ennemis. En tout, environ 50 hommes : Lt Gascon et Rochefort, avec une pièce mitrailleuse et 2 pièces ennemies en état de fonctionner. Le S/Lt Brout est avec nous et S/Lt Knockaert. Tous les autres tués ou blessés. Nous avons avec nous une quarantaine de prisonniers (10° Rgt garde Saxons)." De toute évidence, le lieutenant Jullien est soit compris parmi les "blessés" ou bien retranché dans une autre position du secteur. Très rapidement, ces hommes se trouvent confronté aux assauts répétés des forces allemandes et sont bientôt à court de munitions comme le montre la suite du télégramme : "Extrême urgence. Envoyez renforts, grenades, cartouches pour fusils. Quelques caisses pour mitrailleuses, beaucoup de fusées 1, 2 et 3 feux. […] Renforts d’urgence et mitrailleuses." Malgré les contre-attaques ennemies, ils tiennent leur position jusqu’à 5h50, soit plus de 16 heures. D’après les renseignements recueillis auprès des derniers blessés et survivants, revenus de Vermandovillers, le 5 au matin, Delesse n’avait plus autour de lui qu’une poignée d’hommes se défendant avec la dernière énergie et refusant de se rendre. Sur cette journée, Jullien écrira : « J’ai combattu jusqu’à l’extrême limite de mes forces, et je n’ai cédé que contraint par le nombre. » En l’absence de renseignements officiels sur les tués et blessés tombés pendant la progression vers l’église, le régiment est contraint de porter disparus l’ensemble du Bataillon Delesse. Le bilan de l’offensive pour le 366ème RI est considérable. Pour la seule journée du 4 septembre, on dénombre 70 tués, 307 blessés et 491 disparus. Charles Jullien est capturé par les allemands au petit matin et incarcéré à Gütersloh, en Rhénanie du Nord Westphalie, du 5 novembre 1916 au 10 février 1919. Au cours de sa captivité, il est nommé lieutenant à titre définitif le 6 novembre et reçoit une 3ème citation à l’ordre du commandement le 11 juin 1919 : "Au front depuis 25 mois a montré beaucoup de bravoure et d’initiative dans toutes les affaires. Le 4 septembre 1916 à l’attaque de Vermandovillers a réussi à s’emparer successivement de tous les objectifs qui lui était assignés, a maintenu ses positions pendant 16 heures quoique n’ayant plus de munitions et malgré de nombreux retour offensifs de l’ennemi". Le 16 juin 1920, il est décoré de la croix de Chevalier de la légion d’honneur pour sa participation à la guerre de 14-18 .

People

Properties

Time

  • Date:

    • 1916-09-05
    • 1916-09-04
  • Temporal:

    • 2013-11-01 19:56:31 UTC
  • Place/Time:

    • Western Front

Provenance

References and relations

Location

Longitude: "2.83333, 2.0, 2.5, 2.78194, and 2.65594"
Latitude: "49.91667, 46.0, 49.91667, 49.85028, and 49.61232"
Entities
  • Subjects, resource types, genres and forms (Concepts)

  • Place names (Places)