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Title

FRAD071-102 Georges LAZARD, d’une guerre à l’autre

Document from Georges Lazard.

Description

    • Récit de Guy Lazard sur son père Georges, né le 28 mars 1898 à Lyon (Rhône). La famille de Georges Lazard s’est installée à Mâcon (Saône-et-Loire) en 1902. Il va à l’école primaire près de la Préfecture à Mâcon. Après son certificat d’études, ses parents l’envoient en pension à Strasbourg, à l’Ecole universelle. Sa mère, originaire d’Alsace avait été expulsée en 1870 avec sa famille suite à l’annexion allemande. Il se fait renvoyer de cette école pour avoir chanté avec des camarades la Marseillaise le jour de la fête de l’Empereur Guillaume sur la place Kleber devant la statue en 1913 ou 1914. Il part alors en apprentissage à Paris où il gagne un peu d’argent en faisant de la figuration au Châtelet. De cette période, le contributeur se souvient que son père lui racontait qu’il était accoudé au Café du Croissant quand le coup fatal retentit, le 31 juillet 1914, lors de l’assassinat de Jean Jaurès. De la classe 1918, Georges Lazard, sous le matricule 930, bureau de Mâcon, est appelé alors qu’il n’a que 18 ans. Il est alors employé de commerce. Le 18 avril 1917, il est incorporé au 134ème Régiment d’Infanterie et reçoit son instruction à Bourg-en-Bresse (Ain), il passe au 9ème Bataillon aux armées, le 13 novembre 1917, puis au 169e RI de Montargis, le 28 janvier 1918. Il combat en Lorraine, dans la Somme, dans l’Aisne, au Chemin des dames et au Moulins de Laffaux. Il est blessé le 18 juin 1918 à Villers-Cotterets par balle à l’avant-bras et une seconde fois le 21 août 1918, sur le plateau du Mouron. Pour ses actes de bravoure, il reçoit deux citations à l’ordre de la Médaille Militaire. Après le 11 novembre 1918, il fait un an d’occupation en Allemagne à Aix-la-Chapelle et revient à Montargis après le traité de Versailles. Guy Lazard se souvient que son père parlait de la guerre tous les dimanches et notamment de la forêt d’Argonne, de la bataille de la Somme d’août 1918, de son premier combat : son baptême du feu. Aussi, que son lieutenant fut tué entre les lignes allemandes et françaises et qu’à la nuit, il était allé sur le champ de bataille chercher son corps. Pour cette action, il fut proposé pour une citation mais son supérieur lui a refusé pour motif qu’il était depuis trop peu de temps au front. Trois jours plus tard racontait-il, cet officier faisait décorer sa mule car elle lui avait sauvée la vie. De cet épisode, il avait gardé une certaine rancœur. Quand il est retourné à Montargis après le traité de Versailles, les parents de ce lieutenant l’ont invité un dimanche et lui ont donné les jumelles de leur fils pour le remercier de son acte. Il relatait également que son régiment avait rendu les honneurs aux funérailles nationales de Galliéni, ministre de la guerre et qu’il était entré en 1918 en premier en Belgique. Les populations les avaient accueillis avec tellement de ferveur, que certains leur prenaient leurs boutons en guise de souvenir. Si bien que tous les soirs, il fallait coudre de nouveaux boutons sur l’uniforme et qu’un service d’ordre avait été mis en place pour que les gens ne puissent plus les approcher. Il tenait particulièrement à une de ses citations qu’il lui avait été remise par le roi des Belges, le 16 août 1918. L’autre, lui avait été remise par Pétain et il n’en parlait jamais. Ces documents sous-cadres sont toujours accrochés chez le contributeur. Après la guerre, il a tenu un commerce sur les quais à Mâcon « Au petit marchand ». Guy Lazard se souvient qu’il était alors très important qu’il accompagne son père à la commémoration du 11 novembre. De cette période, il se souvient aussi que la 1ère chanson apprise de sa mère était « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine ». En lui prenant la main dans la rue, elle lui disait, on va faire les petits soldats et commençait à entonner cette chanson. Lors de la seconde guerre mondiale, Georges Lazard est mobilisé et revient en juillet 1940. Fin 1941, il est contraint par les lois antisémites du Gouvernement de Vichy de déclarer que sa famille est de confession juive. Dans ces documents, Georges Lazard et le Commissariat Spécial de Mâcon font état de sa participation à la première guerre et de ses citations. A la fin du second conflit mondial, il se cache avec son fils. Puis, entre autres parce qu’il parle bien allemand, il s’engage dans les troupes de Libération où il décède en 1945 au cours d’une mission en Allemagne, tué par une grenade. A ce titre, son nom est inscrit sur le monument aux morts du Square de la Paix à Mâcon. Son fils Guy Lazard a alors 13 ans. Guy Lazard a fait la Guerre d’Algérie et du fait de ce parcours familial et individuel, il s’est largement investit dans les associations d’anciens combattants. Il est porte- drapeau des officiers de réserve. Il tient à assister à la commémoration de la bataille de Rozelieures dans lequel s’est illustré le 134e RI de Mâcon, régiment de son père, en août 1914. Le contributeur attache une grande importance à la transmission de la mémoire. Lui-même témoigne devant les élèves de son parcours avec son père face aux persécutions des juifs lors de la seconde guerre mondiale.

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Time

  • Temporal:

    • 2014-09-02 07:04:54 UTC
  • Place/Time:

    • Western Front

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  • Identifier:

    • 17497
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  • First published in Europeana:

    • 2014-11-04
  • Last updated in Europeana:

    • 2016-07-27

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  • Place/Time:

    • Western Front
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